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> Paice Ashton Lord - Malice In Wonderland

Entre Deep Purple et... Whitesnake ? Sans doute pour Ian Paice et Jon Lord, du moins sur le plan chronologique. Parce que pour ce qui est de la couleur musicale de ce disque... euh... c’est un autre monde !

Oui, un autre monde pour tout ce qui touche à ces ex-Purple. Pourtant, Tony Ashton, le troisième larron, nous avait habitué à des sonorités plus soul, plus rythm’n’blues, plus groove. Mais de là à imaginer que les trois feraient la paire ? et pourtant...

Petite parenthèse, Bernie Mardsen à la guitare fera partie de Whitesnake après cette aventure, et Paul Martinez, le bassiste, rejoindra Robert Plant sur ses trois premiers albums solo.

En premier lieu Lord et Ashton s’étaient déjà rencontrés sur le très bon "First of the Big Bands" (1974). De quoi là aussi sortir du giron (du carcan ?) Purple pour Jon. Ce second volet va plus loin, ce n’est plus tout à fait un disque récréatif, mais dans le contexte la volonté de monter un projet sur le long terme, en proposant ce qui se propose peu à l’époque : le mélange des genres.

Guitares et cuivres sur fond de basse groovy et de rythmiques finalement assez lourdes pour ce qui est du jeu de Ian Paice. Il reste - comment dire ? - très aérien ceci étant. Les choeurs, de préférence féminins, sont aussi très présents, dans le genre Motown des années 60 bien souvent, le tout dirigé par la voix de Tony, pétrie à la fois de rock et de soul. Etonnant.

Chacun des morceaux qui composent cet album a sa propre personnalité, son petit cachet qui fait que ce disque passe à une vitesse ! jamais la même rythmique, jamais la même couleur, jamais la même mise en place.

J’ai une nette préférence pour "on the road again" qui finit dans un déluge de sax après être passé par la case Bernie Mardsen pour un solo fort intéressant dans un style fluide et léger qu’on ne lui connaitra plus forcément beaucoup dans la suite de sa carrière excepté peut-être depuis peu, je pense à ses performances Live avec Snowy White d’il y a quelques années dans des festivals blues ou blues-rock).

Mais je n’oublie pas pour autant "I’m Gonna Stop Drinking", fantastique confession de Tony, presque seul au piano, avant l’entrée en force des choristes et du reste du band sur le premier refrain. Fabuleux.

"Ghost story" est aussi à sortir du lot, chanson parfaite, équilibrée, avec un break ma fois fort attrayant, matiné de cuivres, de percus et de basse. On croirait voir un big band de jazz !!!

Et puis, le titre de fin, éponyme de l’album, propose un groove très funky dans lequel la guitare, pour une fois, dirige le reste du groupe.

Bref, ce disque est un de mes préférés de la part des ex-Purple ; ceci dit, si on y regarde de plus près, il faut se rappeler que le dernier Purple avec Tommy Bolin (Come Taste the Band) offrait déjà une partie de ces couleurs différentes ("Gettin Tigher" par exemple) de ce que à quoi nous avaient habitué les musiciens de cette folle équipée.

Pour la petite histoire, les ventes ne seront pas au rendez-vous, malgré de très bonnes chroniques de la presse en général... le groupe se disloquera après une tournée presqu’exclusivement anglaise.

La BBC sauvera les meubles en proposant en 1992 deux concerts, l’un tiré de la période "First of the Big Bands" et l’autre de celui-ci.

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